Congé de naissance : ce qu’on a vécu aux Pays-Bas, et ce qui vous attend en France
On est français, on vit et on travaille aux Pays-Bas, et notre bébé est né en avril 2026. Quand on a préparé son arrivée, on s’est informés des deux côtés : en français, par réflexe et parce que la famille et les amis restés en France nous racontaient leur version ; en néerlandais, parce que c’est ici que nos droits s’appliquent. Résultat : on a passé neuf mois à comparer ce à quoi on s’attendait avec ce qui allait vraiment se passer.
Sur les congés, la comparaison est particulièrement parlante — d’autant que la France vient de créer, au 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance qui ressemble beaucoup à ce que les Pays-Bas ont depuis 2022. Voici ce qu’on a pris, ce que ça nous a coûté, et ce qui vous attend si vous accouchez en France.
Ce qu’on a vraiment pris, côté papa
Aux Pays-Bas, un salarié dont la compagne accouche a droit à deux blocs :
- Le congé de naissance (geboorteverlof) : une semaine, payée à 100 % par l’employeur, à prendre dans les 4 semaines qui suivent la naissance.
- Le congé de naissance complémentaire (aanvullend geboorteverlof) : jusqu’à 5 semaines de plus, indemnisées à 70 % du salaire par l’UWV (l’organisme qui verse les prestations, l’équivalent de la CPAM pour les indemnités), à prendre dans les 6 mois.
J’ai pris la totalité : la semaine, puis les semaines complémentaires — cinq semaines entières à la maison, et la dernière en reprise progressive, quelques jours par semaine, pour ne pas passer du jour au lendemain du berceau aux réunions. Sans négociation, sans justification. Personne au travail n’a levé un sourcil — ici, un papa qui pose ses six semaines, c’est la norme, pas un acte de bravoure.
Ce qu’on retient de ces six semaines : la première est un tourbillon (retour à la maison, visites, nuits en miettes), c’est à partir de la troisième que le vrai rythme à deux s’installe. Et la reprise progressive sur la dernière semaine a été une très bonne idée : le lundi où l’on repart à plein temps fait beaucoup moins mal quand on a déjà remis un pied au bureau. En France, le fractionnement des 25 jours permet exactement ça — utilisez-le.
Puis le congé parental payé : huit semaines à deux
Deuxième étage, celui qui a vraiment changé notre été : depuis août 2022, chaque parent néerlandais dispose de 9 semaines de congé parental payées à 70 % (betaald ouderschapsverlof), à prendre pendant la première année de l’enfant. Au-delà, il reste 17 semaines non payées, utilisables jusqu’aux 8 ans de l’enfant.
Ma compagne et moi avons posé 8 semaines chacun, en même temps, en juillet-août, et gardé la neuvième pour une reprise progressive. Deux mois à trois, dont une bonne partie en France, pour présenter bébé aux grands-parents, aux oncles, aux amis — tout ce que vivre à l’étranger nous avait retiré au quotidien. Nos deux employeurs ont accepté sans difficulté ; le préavis légal est de deux mois, on l’a respecté, et c’est tout.
Le calcul du budget est simple : deux salaires à 70 % pendant deux mois, soit environ 30 % de revenus en moins sur la période (un peu plus si vous dépassez le plafond de l’UWV). Ça se voit sur le compte, ça se prépare quelques mois avant… et aucune reprise du travail ne vaut ces semaines-là. On n’a pas hésité une seconde, et on ne regrette rien.
Et en France ? Ce qui vous attend en 2026
La bonne nouvelle, c’est que la France a beaucoup rattrapé son retard. Pour un papa salarié dont l’enfant naît en 2026 :
- 3 jours de congé de naissance, payés à 100 % par l’employeur.
- 25 jours calendaires de congé paternité (32 en cas de naissances multiples), indemnisés par la CPAM sur la base du salaire net plafonné (environ 100 €/jour maximum). Les 4 premiers jours sont obligatoires, le reste se fractionne dans les 6 mois. Tout est détaillé dans notre guide du congé paternité 2026.
- Le nouveau congé supplémentaire de naissance, depuis le 1er juillet 2026 : 1 à 2 mois de plus, pour chaque parent, indemnisés à 70 % du net le premier mois puis 60 % le second (plafond 4 005 €/mois), à prendre dans les 9 mois. On l’a décortiqué dans notre article sur le congé de naissance 2026.
Autrement dit : un papa français peut désormais passer près de trois mois auprès de son bébé — à peu près ce que les Pays-Bas permettent depuis quatre ans.
Le comparatif, poste par poste
| Pays-Bas | France (naissance en 2026) | |
|---|---|---|
| Congé maternité | 16 semaines, 100 % (plafonné), versées par l’UWV | 16 semaines pour un 1er enfant, 100 % du net plafonné, CPAM |
| Congé du 2e parent à la naissance | 1 semaine à 100 % (employeur) + 5 semaines à 70 % (UWV), dans les 6 mois | 3 jours à 100 % (employeur) + 25 jours indemnisés CPAM (~100 €/j max), dans les 6 mois |
| Congé supplémentaire par parent | 9 semaines à 70 % (UWV), dans la 1re année, depuis 2022 | 1 à 2 mois à 70 % puis 60 % (CPAM), dans les 9 mois, depuis juillet 2026 |
| Total possible pour le papa | ≈ 15 semaines (6 + 9) | ≈ 13 semaines (28 jours + 2 mois) |
| Ce qui est mieux payé | — | Le premier mois : les 25 jours sont proches du net (plafonné), contre 70 % aux Pays-Bas |
| Préavis employeur | Pas de préavis légal pour le congé de naissance ; 2 mois pour le congé parental | 1 mois pour le congé paternité et pour le congé de naissance |
| Après la 1re année | 17 semaines de congé parental non payées jusqu’aux 8 ans | Congé parental classique (PreParE, montant forfaitaire modeste) |
Les montants néerlandais sont plafonnés au « maximum dagloon » de l’UWV, et de nombreuses conventions collectives (CAO) complètent les 70 % jusqu’à 85 ou 100 % : vérifiez la vôtre. Côté français, les règles du congé supplémentaire de naissance peuvent être précisées par décret pour certains cas (fonction publique, régimes spéciaux) : vérifiez sur ameli.fr.
Ce qui nous a surpris, dans un sens comme dans l’autre
La culture, plus que la loi. Sur le papier, les deux pays se ressemblent désormais. La différence, on l’a sentie dans les réactions : aux Pays-Bas, un père qui pose quinze semaines ne surprend personne. En France, d’après ce que nous racontent nos amis, prendre les 25 jours reste parfois un sujet avec certains employeurs — et le nouveau congé de naissance va demander un peu de temps pour entrer dans les mœurs. Notre conseil, valable partout : posez vos dates tôt, par écrit, et ne présentez jamais un droit comme une faveur.
Le calendrier. Le congé parental néerlandais se prend dans la première année ; le congé de naissance français dans les 9 mois. Dans les deux cas, ça passe vite. On a vu autour de nous des parents qui « gardaient » des semaines pour plus tard… et les ont perdues.
L’argent. 70 %, c’est le chiffre qui fait hésiter. Notre expérience : c’est bien moins douloureux que prévu si on l’anticipe deux ou trois mois avant, en mettant de côté l’écart. Et le « taux horaire » de ces semaines-là est imbattable.
Notre avis de parents expatriés
Si on avait accouché en France en 2026, on aurait eu presque les mêmes droits qu’ici — c’est nouveau, et c’est une excellente nouvelle. Ce qu’on aurait fait : les 25 jours en entier, puis le congé de naissance pris à deux en même temps, comme on l’a fait ici, pour vivre une vraie période à trois plutôt que deux relais successifs. Vivre à l’étranger sans famille à côté nous a appris une chose : les seuls relais sur lesquels on peut compter les premiers mois, ce sont les deux parents. Autant leur donner du temps.
Conclusion
Aux Pays-Bas, on a pris 6 semaines de congé de naissance puis 9 semaines de congé parental payé, à deux, avec à chaque fois une reprise progressive, sans que personne ne s’en étonne. En France, un papa dont l’enfant naît en 2026 peut désormais viser le même ordre de grandeur : 3 jours + 25 jours + jusqu’à 2 mois. Les règles ont rattrapé les Pays-Bas ; il reste à ce que les habitudes suivent. Ça commence par vous : posez vos dates.
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FAQ — Congés de naissance Pays-Bas vs France
Combien de semaines de congé un papa a-t-il aux Pays-Bas ?
Jusqu’à 6 semaines de congé de naissance (1 semaine à 100 % + 5 semaines à 70 %) dans les 6 mois, puis 9 semaines de congé parental payées à 70 % dans la première année. Soit environ 15 semaines indemnisées, plus 17 semaines non payées jusqu’aux 8 ans de l’enfant.
Et en France en 2026 ?
3 jours de congé de naissance, 25 jours de congé paternité, puis 1 à 2 mois de congé supplémentaire de naissance (70 % puis 60 %) à prendre dans les 9 mois. Environ 13 semaines au total.
Les deux parents peuvent-ils prendre leur congé en même temps ?
Oui, dans les deux pays. Aux Pays-Bas, nous avons pris 8 semaines de congé parental ensemble (et la neuvième en reprise progressive) ; en France, le congé supplémentaire de naissance peut aussi se prendre simultanément ou en alternance.
Le congé parental néerlandais est-il payé à 100 % ?
Non : 70 % du salaire journalier, plafonné, versés par l’UWV via l’employeur. Certaines conventions collectives complètent jusqu’à 85-100 %.
Un Français qui travaille aux Pays-Bas dépend-il de la CPAM ou de l’UWV ?
Si vous êtes salarié et résident aux Pays-Bas, ce sont les règles néerlandaises (et l’UWV) qui s’appliquent, pas la CPAM ni la CAF. C’est notre cas : toutes nos démarches se sont faites côté néerlandais.
Sources : Rijksoverheid.nl (Geboorteverlof voor partners ; Betaald ouderschapsverlof), UWV.nl, Ameli.fr (Congé de paternité et d’accueil de l’enfant ; congé supplémentaire de naissance), service-public.fr. Vécu personnel : naissance en avril 2026, congés pris entre avril et août 2026. Informations vérifiées en septembre 2026.
